
Suivi de collection vinyles et veille hebdomadaire des nouvelles sorties, connectés à Discogs — SwiftUI, iOS 18.
Collectionneur de vinyles depuis plusieurs années, je gérais ma collection (256 disques) et ma wantlist (134 lignes) sur Discogs, qui fait bien une chose : cataloguer. Mais entre le catalogue et l'usage réel d'une collection, il manque tout ce qui rend les données exploitables au quotidien — et rien ne m'aidait à repérer les nouvelles sorties pertinentes parmi le flux permanent de la production musicale actuelle. J'ai construit Sillons pour combler ces deux manques, en partant des données que j'avais déjà accumulées sur Discogs plutôt que d'un historique d'écoute ou d'un outil tiers.
Le point de départ n'a pas été une enquête utilisateur classique mais l'exploitation de deux exports Discogs déjà existants : ma collection et ma wantlist. L'analyse de ces données a tranché plusieurs questions de cadrage.
Le projet s'est scindé en deux produits complémentaires, nourris par le même matériau de départ.
L'application iOS rend la collection exploitable au quotidien : synchronisation automatique avec Discogs (avec garde-fous contre les suppressions en masse en cas d'anomalie réseau), fiches disque enrichies en données réelles (pochette, tracklist, cote de marché, extraits audio), tableau de bord de valeur et de répartition par genre, et un mode session qui enchaîne des disques de la collection par label, style ou genre proche. Côté technique, l'architecture est 100 % client (aucun backend), avec des services indépendants pour la synchronisation, la limitation de débit et la reprise sur erreur face aux données Discogs, souvent imparfaites à typer et à nettoyer.
La veille hebdomadaire (Sillons Hebdo) répond à la question de la découverte : chaque vendredi, un agent recoupe une dizaine de sources spécialisées, croise les nouvelles sorties avec les goûts déclarés dans la collection et la wantlist, et republie une page unique organisée en deux registres assumés — « Dans ta zone » et « Hors-piste » — plutôt qu'un score de pertinence opaque. Chaque recommandation cite le disque de la collection qui la justifie, ce qui rend la confiance réparable quand une reco tombe à côté. Une section « À suivre » complète l'ensemble avec un agenda chronologique des sorties déjà annoncées mais pas encore disponibles — de digest rétrospectif, l'outil devient aussi un outil de décision d'achat, tourné vers ce qui arrive. Deux décisions de cadrage ont été déterminantes sur la veille : une fenêtre de recoupement de 30 jours plutôt que 7, pour garantir une édition dense chaque semaine sans recourir à un message d'excuse en cas d'empty state; et deux formes distinctes pour deux temporalités — cartes argumentées pour les sorties passées, agenda chronologique pour les sorties à venir.
C'était ma première expérience un peu poussée de conception avec un agent IA en autonomie — pas comme assistant ponctuel, mais comme collaborateur sur l'intégralité du projet, de la conception au code. Ça a changé ma façon de designer autant que de coder. Sans contrainte de livraison ni de stakeholders, j'ai pu itérer sur des détails que j'aurais probablement arbitrés plus vite dans un contexte pro : la section « À suivre » de Sillons Hebdo, par exemple, n'était pas prévue au départ — elle est venue après avoir utilisé la première édition et réalisé qu'elle ne répondait qu'à la moitié du besoin.
Le vrai défi n'a pas été de concevoir les fonctionnalités mais de résister à en ajouter. Un projet sans utilisateur externe pour dire non se transforme vite en backlog infini. J'ai dû m'imposer les mêmes disciplines qu'en contexte professionnel — cadrer, prioriser, savoir arrêter une itération.